Montm'ART / Paris

Le CyKlop revisite l’histoire de l’art sur les potelets anti stationnement de la rue Piemontesi repeint à la manière d’œuvres d’artistes peintres ayant vécu ou travaillé à Montmartre.

À travers les portraits emblématiques des grands peintres du 19e et 20e siècle parisien, c’est l’histoire du quartier qui se raconte sous nos yeux. Ainsi, La Joconde de Marcel Duchamp, affublée d’une barbichette et de l’acrostiche L.H.O.O.Q., un pastiche en référence à l’homosexualité supposée de Léonard de Vinci que l’artiste Dada a réalisé en 1910, fait-il échos au passé sulfureux du quartier en rendant hommage aux travailleuses du sexe et transgenres en particulier qui ont longtemps peuplées la rue André Antoine toute proche.

Seule femme peintre dans cette collection presque muséale, Suzanne Valadon, dont les autoportraits, mais aussi les portraits de son fils Maurice Utrillo ou de son amant Erik Sati nous transportent à l’époque où elle fût la muse de tant d’artistes peintres : Renoir, Toulouse-Lautrec ou encore Modigliani. Ce dernier, grand amoureux du corps des femmes, dont, avec le portrait de Gauguin : Où vas-tu ?, on retrouve les nus qui s’offrent en pleine rue aux regards des passants dans ce quartier maintenant aseptisé de Pigalle la blanche. La Goulue de Toulouse-Lautrec nous offre aussi son décolleté et son regard éteint des lendemains de fêtes montmartoises, pendant lesquelles l’absinthe et le hashich étaient encore en vente libre. Les Demoiselles d’Avignon, dont on retrouve un des visages peint à l’entrée de la rue, n’est autre que la représentation de corps presque mutilé de prostituées dans la vitrine d’un bordel. Mais ce sont maintenant les muses de van Dongen et Picasso, avec La Femme au chapeau rouge, ou le Portrait de Dora Maar qui semblent faire le tapins sur les trottoirs...

 

Les autoportraits de Van Gogh et Gauguin nous invitent à revisiter le mythe de l’artiste de cette période foisonnante de l’histoire de l’art. Ainsi, les portraits d’Henri Matisse (Madame Matisse ou La Raie verte et le Portrait de L.N. Delekorskaya), que l’artiste a réalisé avec quarante-deux ans d’intervalles, nous dévoilent l’extraordinaire évolution graphique et l’épuration de son dessin qui a fait du peintre une référence universelle dans le monde des arts plastiques.

Montm’ART est un petit musée à ciel ouvert, dont les œuvres, métamorphosées sur les potelets, hantent la rue. Elles deviennent presque vivantes et inversent les rôles en nous observant de leurs gros œil des quatre coins de la rue...